Marat Aitmagambetov

L’aide aux victimes des incendies de Ridder et le transfert les centres de l’autisme sous l’administration de l’État

La Fondation caritative Bulat Utemuratov a alloué 1 million de tengues à chaque famille restée sans abri suite à l’incendie de forêt dans les environs de la ville de Ridder, dans la région de l’est du Kazakhstan. Le directeur de la Fondation Marat Aitmagambetov, a parlé plus en détail du projet de la « Carte de l’assistance » pour les victimes de catastrophes naturelles et causées par l’homme, ainsi que d’autres initiatives sociales et caritatives.

– Marat Temirgalievich, pourriez-vous nous parler plus en détail du projet de la « Carte d’assistance » et de ceux, qui ont le droit d’en profiter.

– Il s’agit d’un projet caritatif conjoint de la Fondation Bulat Utemuratov, du Croissant-Rouge et de la Fortebank mis en œuvre en 2018. Pendant cette période, une assistance a été fournie aux victimes de catastrophes naturelles ou causées par l’homme pour un montant total de plus de 350 millions de tengues. D’une manière générale, une assistance est fournie aux victimes des inondations, mais il y a également eu une expérience d’intervention d’urgence après les explosions au dépôt de munitions à Arys.

Le projet de la «Carte d'assistance» a été lancé en 2018
Le projet de la «Carte d’assistance» a été lancé en 2018

Cette année, après avoir appris les nouvelles sur un incendie dans la ville de Ridder, mon équipe et moi nous n’avons pas pu rester à l’écart et avons décidé de chercher immédiatement des moyens de soutenir ceux qui étaient en difficulté. Et pour que l’aide soit opportune et rapide, nous avons décidé de fournir un soutien financier d’un montant de 1 million de tengues à chaque famille qui a perdu son logement. À notre grand regret, lors de l’incendie, il y a eu une victime. J’exprime mes sincères condoléances à la famille et aux amis de la défunte Galina Filaretovna Spivakova.

Chacune des trente familles touchées a reçu des cartes bancaires d’une valeur nominale de 1 million de tengues, et le montant total de l’aide s’élevait à 30 millions de tengues.

– Est-ce que la mise en œuvre du programme «Autisme. Un monde pour tous » se poursuivra cette année ?

-Bien sûr, car il s’agit de notre programme phare pour soutenir les enfants atteints de troubles du spectre autistique et leurs parents. Dans le cadre du programme, 9 centres d’autisme Asyl Miras ont été ouverts dans les villes de Nur-Sultan, Almaty, Qyzylorda, Oust-Kamenogorsk, Aqtöbe, Ouralsk, Chymkent, Petropavlovsk et Pavlodar. Nous avons ouvert ce dernier en décembre de l’année dernière à Pavlodar.

Ouverture du centre « Asyl Miras » à Pavlodar
Ouverture du centre « Asyl Miras » à Pavlodar

Les portes de nos Centres sont ouvertes tous les jours à tous les parents et enfants, ici nos spécialistes, formés selon les méthodes les plus avancées, aideront gratuitement à diagnostiquer les TSA et, s’il s’avère que l’enfant est sujet aux TSA,  il sera inscrit dans le programme approprié pour le développement des compétences nécessaires. Tous nos centres proposent des cours basés sur la technologie américaine développée par l’Université de Californie et le Marcus Autism Center d’Atlanta. Ces technologies ont fait preuve de leur efficacité. Tous les enfants qui ont été encadrés ou continuent à être suivis dans un de nos centres ont des progrès en matière de développement.

– En quoi diffèrent-ils des centres correctionnels créés par l’État?

– Nous avons réalisé qu’ils travaillaient avec des enfants atteints de TSA à l’ancienne, comme c’était la coutume en Union soviétique. Nous avons décidé d’abandonner de telles approches et de nous tourner vers l’expérience internationale. Notre programme «Autisme. Un monde pour tous » est basé sur des méthodes scientifiquement prouvées qui sont largement utilisées aux États-Unis et en Europe.

Au Kazakhstan, les normes de travail des bureaux correctionnels d’État ne coïncident pas avec le système adopté par Asyl Miras. Par exemple, dans nos centres, une leçon avec un enfant dure 60 minutes, et dans un bureau correctionnel de l’État il dure seulement 25 à 40 minutes, ce qui n’est pas suffisant pour un travail efficace avec un enfant. De plus, dans le cadre du programme d’État, l’emploi du temps du spécialiste ne comprend pas les heures de travail avec les parents et la surveillance de l’enfant après la fin du programme. Pour ces raisons, depuis mi-2020, nous nous efforçons d’obtenir le statut législatif des centres Asyl Miras comme un type particulier de l’organisation d’enseignement spécialisé. Récemment, des documents nécessaires ont été signés et nous en sommes très heureux. Désormais, nos centres, ouverts en partenariat avec des akimats dans les villes de Nur-Sultan, Chymkent, Petropavlovsk et Pavlodar, ont reçu le statut de « Centres de soutien aux enfants autistes (TSA) ». Cela signifie que nous pourrons mettre en œuvre le programme « Autisme. Le monde est un pour tous » dans son intégralité et sans contradiction avec le programme de l’État.

Nous commençons également le transfert des centres restants sous administration publique au format d’ICE (les institutions communales de l’État). En même temps, nous maintiendrons l’efficacité du programme, continuerons de surveiller le processus de formation des spécialistes et l’implémentation par ces spécialistes des meilleures pratiques mondiales.

Nous prévoyons toujours d’ouvrir de nouveaux centres. La Fondation poursuivra sa coopération avec les akimats régionaux dans ce sens, en organisant des formations, y compris animées par les experts étrangers, et en fournissant de l’équipement complet pour les centres.

– Quels autres projets caritatifs sont soutenus par la Fondation Bulat Utemuratov ?

– Cette année, la Fondation Bulat Utemuratov a soutenu l’action « El Tiregi – Elbasy » de la Fondation caritative « Halyk ». De quoi s’agit-il ? Il s’agit d’aider les familles nombreuses à faible revenus et les familles élevant des enfants avec des besoins spéciaux. 4 000 paniers de vivres, préparés par notre fondation, ont été livrés aux habitants des villes les plus densément peuplées du pays : Nur-Sultan, Almaty, Chymkent, Qyzylorda.

Il s’agit d’une action de la Fondation « Halyk », nous avons décidé de la soutenir et d’apporter un soutien aux familles qui se retrouvent dans une situation difficile dans un contexte de pandémie et de restrictions dues au à la quarantaine. Aujourd’hui plus que jamais, notre société doit s’unir et aider ceux qui en ont le plus besoin, car c’est le seul moyen de surmonter toutes les difficultés.

– Il existe des dizaines de fondations caritatives au Kazakhstan, mais les projets mis en œuvre par la Fondation Bulat Utemuratov diffèrent d’eux. Choisissez-vous spécifiquement de tels projets pour ne pas doubler le travail des autres?

– Il y a vraiment beaucoup de fondations, elles sont très différentes et ils travaillent à différents niveaux – villes, régions, pays. La Fondation Bulat Utemuratov travaille au niveau national dans tout le pays, et les projets sociaux mis en œuvre visent principalement les groupes socialement vulnérables de la population, y compris les enfants, les adolescents et les jeunes.

La mission de la Fondation est formulée comme suit : faire du Kazakhstan un meilleur endroit à vivre aujourd’hui et demain. Mais l’idée principale de son fondateur consiste au fait que la Fondation ne fait pas le doublon des initiatives et des projets déjà mis en œuvre et soutenus par l’État.