Comment Bulat Utemuratov a-t-il créé une institution financière attrayante pour les investisseurs étrangers et qu’est-ce qu’elle devient ?

Au milieu des années deux mille l’économie du Kazakhstan a montré une croissance incroyable. Par conséquent, le système bancaire se développait. Cela semblait intéressant et prometteur non seulement à l’intérieur du pays, mais aussi pour les investisseurs étrangers. Et ce n’est pas étonnant : le Kazakhstan est un énorme pays pétrolier, qui se trouve entre la Chine et la Russie. A l’époque toutes les banques se développaient rapidement et à un moment donné, ils ont eu pour ambitieuse mission de devenir une institution financière importante d’un point de vue systémique pour l’ensemble de l’économie. Et que fallait-il faire pour cela ? Augmenter la capitalisation.

La question de l’augmentation du capital touchait, entre autres, l’ATF Bank, une institution financière émergente et dynamique, créée en 1995 par l’homme d’affaires Bulat Utemuratov. Plus de 10 ans après l’ouverture, l’ATF Bank, selon le Fitch Ratings 2007, au plus fort du boom du crédit et notamment grâce à une gestion compétente, était parmi les quatre plus grandes banques commerciales du Kazakhstan. Les actifs de l’ATF Bank en 2006 s’élevaient à 6,3 milliards d’euros, le capital à 345,7 millions d’euros, le bénéfice net à 26 millions d’euros. Mais même avec de tels résultats, il lui était impossible de suivre le chemin des principaux acteurs, tels que la Kazkommertsbank ou la Bank TuranAlem, par conséquent, la direction d’ATF Bank a décidé d’attirer un investisseur stratégique.

Afin d’augmenter le capital et créer un actif financier très important, la direction de la banque a commencé à réfléchir à un investisseur stratégique: une banque commerciale étrangère, qui ne serait pas intéressée par une simple participation minoritaire. Déjà, à la fin de 2006, les gestionnaires ont conclu que la meilleure option serait de vendre 100 % de la banque. Dans ce cas, le pool potentiel d’investisseurs deviendrait plus important, car à cette époque, les banques étrangères recherchaient à acquérir des actifs en Europe de l’Est et dans la CEI. Réalisant le besoin de changements globaux, l’ATF Bank s’est mis à choisir un investisseur potentiel. Au final, après une longue discussion et une recherche minutieuse on a choisi deux investisseurs potentiels: l’UniCredit et la BNP Paribas.

Le 21 juin 2007, la holding italienne UniCredit et les actionnaires privés de l’ATF Bank ont signé un accord sur l’acquisition d’une participation majoritaire de l’ATF Bank; et en octobre la Bank Austria Creditanstalt (représentant viennois de l’UniCredit) a annoncé l’achat de 91,8 % des actifs de la banque. Le coût de l’opération, conclu au second semestre de 2007, s’élevait à 2,2 milliards de dollars. L’accord a été bénéfique pour tous les participants. Ainsi, l’UniCredit a obtenu une banque avec 155 succursales au Kazakhstan, en Russie, au Kirghizistan et au Tadjikistan, une compagnie d’assurance, une société de crédit et un fonds de pension.

Selon les analystes, l’achat de l’ATF Bank par l’UniCredit (avec des actifs de plus de 800 milliards d’euros) est un exemple clair de l’attention accrue portée au Kazakhstan par les grands investisseurs mondiaux. Cet intérêt est également dû au fait que l’un des principaux actionnaires de l’ATF Bank, Bulat Utemuratov, s’était déjà imposé comme un partenaire fiable et prometteur : en 1994, il a aidé la Bank Creditanstalt à ouvrir la première ligne de crédit au Kazakhstan. Il faut également noter que pendant les douze années de développement de la banque jusqu’à sa cession au groupe UniCredit, tous les bénéfices générés par l’ATF Bank ont été réinvestis dans son propre capital et ils ont renforcé ses positions sur le marché financier.

Qui aurait pu savoir que moins d’un an après l’achèvement de cette transaction, la crise financière mondiale surviendrait. Cependant, selon l’ex-président du conseil d’administration de l’ATF Bank, Romeo Collin, le groupe UniCredit ne regrette pas d’avoir acquis ATF Bank. « Nous avons acheté l’ATF Bank en 2007, alors que tout le monde se tournait vers l’Est. En fait, lorsque tout le monde se battait pour la Chine, nous ne sommes pas allés en Chine, mais dans un pays avec un potentiel économique. Seulement, nous étions malchanceux, car 3 mois après l’acquisition de la banque, une crise a commencé. « 

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